La/the route

La/the route

Tuesday, April 3, 2018

Indonésie et son accessibilité/Indonesia and it's accessibility

Il était une fois, un ministre du tourisme indonésien qui regardait des statistiques en se demandant pourquoi tant de yacht de croisières passaient par ses eaux à chaque année sans jamais s’arrêter. Après tout, il s’y trouve de belles choses à voir. En cherchant un peu, il a découvert qu’outre la réputation d’être un lieu de piraterie, les démarches administratives lourdes et compliquées ainsi que la corruption des officiels décourageaient les navigateurs. En effet, les seuls (ou presque) qui choisissaient d’y arrêter étaient ceux qui pouvaient payer quelques centaines de dollars Australien pour participer à un rally; « Sail Indonesia » ou « Sail 2 Indonesia ». Les organisateurs sont des agents indonésiens alors, ils s’occupent de toute la paperasse. Le regroupement de plusieurs bateaux, permettait aussi de contrer les attaques possible de pirates. Par ailleurs, il restait les officiers corrompus et, comme il fallait s'arrêter à chaque port sur son chemin pour s’enregistrer, cela faisait beaucoup d’officiers à payer. Pour tous les gens qui n’avaient pas un gros budget ou qui n’aimaient pas se promener en groupe, le mieux était de continuer son chemin jusqu’en Malaisie ou Christmas Island pour ceux qui traversaient l’océan Indien. 

Alors, notre copain le ministre qui voulait plus de visiteur a décidé, il y a quelques années déjà,  qu’il était temps de tout chambarder mais, la nouvelle de ce changement prend du temps à se propager. D’ailleurs, nous avons hésité longtemps avant d'entreprendre ce parcour. Après avoir lu quelques blogs récents de navigateurs qui ont tenté l’aventure mais, étant toujours un peu septique, nous avons décidé de nous lancer sans participer au rally pour voir. Es-ce que ce fut un succès? Et bien, oui et non… mais, plus oui.

Tout d’abord, tous les vieux officiers qui avaient la mentalité de corruption bien enracinée ont été mis à la retraite. Ensuite, les nouvelles recrues ont été formées à ne pas prendre de pot de vin. Une unité spéciale pour combattre la corruption a été mise sur pied et les agents crapuleux dénoncés. Finalement, le besoin d’arrêter à chaque port  pour s’enregistrer a été aboli. Une visite des officiers à l’entrée et à la sortie du pays sont maintenant suffisantes. Le bureau de douanes du port d’entrée aura la responsabilité de nous suivre pendant notre séjour et pourrait demander des nouvelles par courriel. De plus, un émetteur AIS est obligatoire et peut être vérifié aux principaux ports d'entrée. Les agents prennent le tout très aux sérieux et vont même jusqu’à prendre des photos quand ils visitent les bateaux à l’entrée. Voilà un premier point de réglé.

Nous faisons parti des voileux qui n’aiment pas se balader en gros groupe. Comme nous étions quand même septique pour la sécurité, nous avons navigué une bonne partie du chemin avec des copains. Mais, une fois que nous avons rencontré et discuté avec les locaux, nos inquiétudes ont disparus. On sentait même que de trouver de l’aide si il y avait un problème avec le bateau serait facile. Il y a des moments où nous réalisons comment nous sommes conditionné à avoir peur. Nous approchions un mouillage en après-midi quand une chaloupe de pêche vient droit sur nous à tout allure. À bord, deux hommes masqués qui sont assis et un troisième portant les habits traditionnels musulman se tient debout au centre. Pendant une seconde, on se dit: « Ça y est! Des terroristes! ». Ensuite, nous remarquons qu’ils n’ont pas d’armes. Une fois près du bateau, les deux hommes ont baissé leur masque et découvert d’énormes sourires. Ils nous envoient la main et montrent encore plus d’enthousiasme quand nous les saluons à notre tour. Avec des signes, ils nous demandent si nous allons nous ancrer près de leur île et nous montre des pouces vers le haut quand nous bougeons nos têtes de l’avant à l’arrière. Plutôt sympathique, les terroristes! En fait, les pêcheurs portent des foulards pour protéger leur visage du soleil.

Adieu au CAIT (Cruising Application for Indonesian Territory) qui n’est plus nécessaire! La paperasse est moins lourde mais il reste encore un peu de travail à faire. Les douanes ont créé un site web en anglais (https://yachters-indonesia.id) qui traduit ensuite toute notre  information en indonésien et crée un document qu’il faut imprimer et remettre à l’entrée. Un peu de patience car le site ne fonctionne pas toujours bien mais, on fini par l’avoir.  Les instructions se trouvent sur ce même site. Du côté de l’immigration, ils ont créé un visa touriste de 30 jours à l’entrée avec un possibilité d’une seule extension à 60 jours. Attention, l’extension n’est pas disponible dans tout les bureaux alors il est bon de s’informer où il faut arrêter pour en faire la demande. La santé et la capitainerie se font aussi sans trop de problème. Les agents de la santé vont possiblement vous forcer à acheter un carnet qui ne vous servira pas ailleurs car, il s’adresse au cargo. Il coûte seulement 10$. Jusqu’à maintenant, les changements ont fait que les démarches ressemblent à ce qui se fait dans les autres pays. De plus, les coûts ne sont pas extravagants. C’est ici qu’arrive le mais… 

Le tout ce complique si nous voulons rester plus de 60 jours. En allant dans un consulat Indonésien dans un autre pays avant d’arriver, il y a moyen d’obtenir un visa de 60 jours renouvelable ensuite par tranche de 30 jours jusqu’à 180 jours. Les fonctionnaires au Timor oriental étaient très pointilleux. La liste des documents à fournir est assez longue et il ne faut surtout pas en oublier un. Oui, la photo de passeport doit absolument avoir un fond rouge! De plus, il faut vite se mettre dans la tête que chaque membre de l’équipage doit présenter un dossier séparé. Alors, il ne faut pas arriver avec une seule copie des enregistrements du bateau ou avec les deux passeports sur la même photocopie par exemple. Il faut aussi une lettre d'un commanditaire. C’est un drôle de concept où il faut qu’un Indonésien confirme que nous sommes de bonnes personnes. Mais, comment connaître un indonésien sans avoir mis les pieds dans le pays? Alors, il faut payer un agent pour qu’il écrive une gentille lettre et envoie une copie de sa carte d’identité. Ruth qui vit à Bali est donc devenue une copine instantanée quand nous lui avons envoyé environ 50$ US par PayPal en communicant avec elle par courriel (info@islemarine.com). Pour rendre le tout plus loufoque, elle va aussi nous demander de signer une lettre comme quoi elle n’est pas responsable de nous si jamais nous sommes des méchants. Un peu inutile comme procédure. Quand nous sommes allés au bureau de Lombok pour faire une demande d’extension, le directeur est venu discuter avec nous. Il nous a expliqué qu’un projet est en cours pour que les demandes se fassent via un site internet. Celui-ci n’est pas encore tout à fait au point. Il est donc probable que la demande de visa devienne plus simple dans un futur proche. 

La liste:

1. Formulaire d’application du visa rempli (disponible au consulat)
2. Lettre du commanditaire et photocopie de sa carte d’identité. 
3. Lettre d’intention qui explique où vous pensez arrêter. 
4. Copie de l’enregistrement du bateau
5. Copie du formulaire rempli sur le site web des douanes.
6. 2 Photos de passeport avec fond rouge
7. Copie du passeport et passeport qui doit être valide pour au moins 6 mois. 
8. Preuve de revenu ou de capital suffisant pour vivre pendant la durée du séjour sans travailler.
7. Environ $50 USD en monnaie du pays où se trouve le consulat. Voir application pour montant exact. 

Finalement, ce que le nouveau site des douanes ne partageaient pas est que ce ne sont pas tous les ports d’entrée qui procèdent en utilisant le nouveau document. Dans la liste des ports trouvés sur Noonsite (http://www.noonsite.com/Countries/Indonesia), seulement ceux avec un astérix s’y conforment. Dans notre ignorance, nous avons été à Maumere qui, oups, n’a pas de petite étoile. L’entrée c’est fait sans trop de souci même si toutes les procédures des quatre bureaux jumelés ont pris un bon 12h. Quand même moins long que pour ceux qui ont participé au rally car nous étions un seul bateau et eux, se sont présentés à plus de 60 voiliers en même temps. C’est à la sortie que les employés de Nongsa point marina ont bien profité de nous. Vu que nous n’avions pas fait les bonnes démarches à l’entrée, il nous ont chargé des frais d’agent pour clarifier la sortie. Par ailleurs, une fois que nous nous sommes fait prendre, nous avons averti les copains qui n’étaient pas encore arrivés car ils étaitent entrés par Maumere aussi. Ils se sont redirigés vers la ville principale de l’île Bintan à côté et ont pu démêler la paperasse par eux même sans payer de frais supplémentaires. En fait, notre erreur a été d’aller à la marina qui est trop loin des bureaux de la douane. Tous les fonctionnaires rencontrés ce sont fait un plaisir de nous aider alors c’est bon d’aller les voir directement. 

Le trouble a valu la peine car nous avons grandement apprécié notre visite. Nous pensons même repasser par là l’année prochaine.  Je parlerais plus de ce que nous avons vu dans mon prochain article. Pour le moment j’arrête car je commence à faire des ampoules au bout des doigts!

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Once upon a time, an Indonesian tourism minister was looking at statistics and wondering why so many cruising yachts were passing through his waters every year without ever stopping. After all, there are beautiful things to see. After searching a little, he discovered that besides having a reputation for piracy, the heavy and complicated administrative procedures as well as the corruption of the officials discouraged the navigators. Indeed, the only ones (or almost) who chose to stop there were those who could afford a few hundred Australian dollars to participate in a rally; "Sail Indonesia" or "Sail 2 Indonesia". The organizers are Indonesian agents so they take care of all the paperwork. The grouping of several boats also help to counter possible pirate attacks. Moreover, there remained the corrupt officers and, since it was necessary to register ourselves at each port along the way, that meant may officers to pay off. For all those who didn’t have a big budget or who didn’t enjoy group sailing, it was best to continue either to Malaysia or Christmas Island for those on their way to the Indian Ocean.

So our friend, the minister who wanted more visitors, decided a few years ago that it was time to turn things around but, the news of this change is taking time to spread. We hesitated a long time before taking this path. After reading some recent blogs from others sailors who have tried the adventure but, being still a little skeptical, we decided to visit without being part of a rally and see what happens. Was it a success? Well, yes and no ... but more yes. 

First of all, the old officers who had a well engrained corruption mentality were asked to retired. They were replaced by  new recruits trained not to take a bribe. A special anti-corruption unit was created and villainous agents are denounced. Finally, we no longer need to stop at each port along our path. A visit of the officers when entering and leaving the country are now sufficient. The customs office at the port of entry will be responsible for following us during our stay and may request news by email. In addition, an AIS transmitter is mandatory. The agents take everything very seriously and even take pictures when they visit the boats at the entrance. Well, first point of settled.

We are part of the sailors who do not like to sail around in a big group. As we were still skeptical about our safety, we sailed a good deal of the way with some friends. But, once we had spent some actual time in the country and talked with the locals, our concerns disappeared. We even felt that we would surely find help if anything went wrong with the boat. There are times when we realize how we are conditioned to be afraid. We were approaching an anchorage in the afternoon when a fishing boat comes straight for us at full speed. On board, two masked men seated at each end and a third wearing traditional Muslim clothing standing in the center. For a second, we think, "That's it! Terrorists!" Then we notice that they have no weapons. Once near the boat, the two men lower their masks to uncover huge smiles. They wave their hands and show even more enthusiasm when we wave back. With signs, they ask us if we are going to anchor near their island and show us « thumbs up » when we motion yes with our heads. Rather friendly, the terrorists! Actually, fishermen wear scarves to protect their face from the sun.

Goodbye to the CAIT (Cruising Application for Indonesian Territory) which is no longer needed! The paperwork is much less burdensome but there is still a little work to do. Customs has created a website in English (https://yachters-indonesia.id) which translates all our information into Indonesian and creates a document that needs to be printed and handed over at entry. A little patience because the site doesn’t always work well but, we got it eventually. The instructions can be found on the same site. On the immigration side, they created a 30-day tourist visa on entry with the possibility of a single extension to 60 days. Carefull, the extension is not available in all offices some planning is required. The health and Port Captain’s offices are also visited without problem. Health agents may force you to buy a book that will not be used elsewhere because it is made for the cargo ship. It costs only $10. So far, the changes have made the process similar to what is happening in other countries. Moreover, the costs are not extravagant. This is where the « but » comes…

It gets more complicated if we want to stay more than 60 days. When going to an Indonesian consulate in another country before arriving, we can obtain a 60-day visa renewable every 30 days after for up to 180 days. The officials in East Timor were very picky. The list of documents to provide is quite long and nothing should be forgotten. Yes, the passport photo must have a red background! In addition, each member of the crew must submit a separate application. So do not arrive with a single copy of the boat registration or with both passports on the same photocopy for example. You also need a sponsor letter. This is a strange concept where an Indonesian has to confirm that we are good people. But, how to make an Indonesian friend without having set foot in the country?  You pay someone to write a nice letter and send a copy of their identity card. Ruth, who lives in Bali, became an instant girlfriend when we sent her about US $50 via PayPal after emailing her (info@islemarine.com). To make the hole procedure  even more useless, she asked us to sign a letter stating that she is not responsible for us if we turn out to be bad guys. When we went to the Lombok immigration office to apply for an extension, the director came to talk to us. He explained that a project is under way to let us  apply for visas online. It’s still has bugs that need fixing. It is therefore likely that the visa application will become simpler in the near future. 

The list:
1. Completed visa application form (available at the consulate)
2. Sponsor's Letter & Photocopy of the Sponsor's ID Card.
3. Letter of intent that explains where you will stop and what are you plans.
4. Copy of the boat registration.
5. Copy of the completed form on the Customs website.
6. 2 passport photos with red background
7. Your passport and a photocopy of it. It must be valid for at least 6 months.
8. Proof of income or capital sufficient to live for the duration of the stay without working.
7. Approximately US $50 in local currency. See application for exact amount.

Finally, what the new custom’s web site did not share is that not all ports of entry proceed using the new document. In the list of ports found on Noonsite (http://www.noonsite.com/Countries/Indonesia), only those with an asterix comply. In our ignorance, we sailed to Maumere who, oops, has no little star. We didn’t have much trouble with the entry even if all four offices took a good 12h to visit. Still, that was less than for those who participated in the rally because we were only one boat and they showed up all 60 sailboats at once. It is upon exiting at Nongsa point marina that the experience became costly. Since we had not gone to a proper port of entry, they charged us an agent fee to clarify the exit. We got caught but we warned our friends who had not arrived yet and had entered by the same port. They rerouted to the main town of Bintan Island next door and were able to sort the paperwork themselves in the customs office without paying any additional fees. In fact, our mistake was to go to the marina which is too far from the customs offices. All the officials we meet were happy to help us so it's good to go see them directly.


The trouble was worth it because we greatly enjoyed our visit. We’re even thinking about going back next year. I will talk more about what we saw in my next article. For the moment, I will stop because I'm starting to have blisters on my fingertips!

Monday, March 12, 2018

Timor Leste 08/2017

For English, see below the line in red. 


Dili, la capitale du Timor Oriental n’est pas très jolie; nous pourrions même la qualifier de tristounette. Remarquez qu’elle a une bonne excuse. Quand cette colonie portugaise a déclaré son indépendance du Portugal en 1975, l’armé Indonésienne est débarquée pour reprendre possession de cette partie de l’île. Pas de chance pour elle car le Timor Oriental à réussi à obtenir son indépendance avec l’aide des Nations Unis. Mais l'occupation dura plus de deux décennies et causa quelques deux cent mille morts. Ce sont des cicatrices qui prennent du temps à guérir. 

Il n’y a d’ailleurs pas encore d’infrastructure pour les bateaux. Le seul endroit pour débarquer en annexe est sur la plage de la police maritime. En plus, c’est pas super comme mouillage. D’une part, il est profond ce qui nécessite beaucoup de chaîne et, d’autre part, il n’est pas très bien protégé des vents du NE qui lèvent souvent sur l’heure du midi pour retomber en début de soirée. Donc, si il y a des courses à faire, l’idéal c’est dans la matinée. Il faut acheter de l’eau en bouteille de 20 litres à l’épicerie pour remplir les réservoirs car l’eau des robinets de la ville n’est pas potable. Le diesel s’achète en demandant à un taxi de nous accompagner à la stations avec nos jerrycans. Heureusement le taxi ne coûte pas cher. Le gaz propane est un service facilement accessible car il se trouve en face du débarcadère mais le remplissage laisse à désirer; la quantité étant plutôt aléatoire.




Nous ne nous sentions pas à l’aise de laisser le bateau pour aller visiter le reste du pays de peur que Bidule parte seul pour une balade. Alors, pourquoi avoir choisi cette destination? Dans ce cas-ci, par déduction. Il n’est pas possible d’aller partout et tout faire alors chacun décide de ses arrêts selon ses propres critères. Nous sommes le plus souvent influencé par la météo, le budget, le temps, les activités privilégiées, les contraintes administratives… Voici donc un petit exemple de notre cheminement pour choisir les destinations de 2017. 

Notre projet était de partir de la Nouvelle-Zélande et aboutir en Malaisie. Nous aurions  eu l'impression de manquer quelque chose si nous avions quitté le Pacifique sans passer par les Iles du Vanuatu. Le passage obligé du vaste plan d'eau de l'Indonésie, très achalandés par les pêcheurs, nous contraignait à y faire plusieurs escales pour naviguer seulement de jour. Du moins, c’était la raison du début. Nous en avons trouvé d’autres une fois sur place que vous pourrez lire dans le prochain article. Une autre contrainte était que si nous voulions passer plus de 60 jours en Indonésie, il fallait d’abord arrêter dans un consulat pour obtenir un visa de longue durée. Nous devions choisir un pays avec un consulat se trouvant entre les Vanuatu et l’Indonésie. Voici  les options qui s'offraient a nous: l'Australie, les Philippines en passant par les Salomons, la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou le Timor Oriental. 

L’Australie: En plus de nous demander un visa à l’avance il faut débourser un minimum de 350$ pour que les agents de la bio-sécurité inspectent le bateau et vident nos équipets de nourriture. Ce montant est excessif quand on le compare à ceux demandés par les autres pays. D’autant plus que nous voulions rester moins d'un mois. Si nous ajoutons à ceci l’accessibilité difficile de Darwin à voile et les crocodiles mangeurs d’hommes qui auraient pu crever notre petite annexe en une bouchée (pssss!), nous passons au prochain.

Les Philippines en passant par les Salomons: Nous aurions volontiers visité les Salomons mais, pas les Philippines. Semblerait que ce sont de très belles îles mais, un groupe d’extrémistes ISIS a récemment enlevé un touriste Canadien dans une marina en échange d'une rançon. Quand le gouvernement canadien à refusé de payer, ils lui ont coupé la tête. Peu de temps plus tard, ils ont abordé un voilier allemand tuant immédiatement la femme et gardant l’homme en otage. Il a subit le même sort que le Canadien. Les gens qui naviguent dans la région vont dire qu’il faut seulement éviter le sud où se trouve les méchants et naviguer au nord où c’est parfaitement sécuritaire. Par principe, nous n’encourageons pas les pays où se trouve se genre de violence. De plus, il y a tellement de belles places à visiter, pourquoi prendre le risque. Un autre point non négligeable est que les îles se trouvent dans une zone de convergence. Ce qui se traduit par une grande probabilité de ne pas avoir de vent et de faire beaucoup de miles au moteur. Nous savons que c’est déjà le cas pour l’Indonésie que nous n’aurons pas le choix de traverser. Alors, l’idée d’ajouter des miles supplémentaires au moteur ne nous enchante pas. 

Papouasie-Nouvelle-Guinée: Nous serions bien arrêté dans les Louisiades pour dire bonjour aux Papous. Selon les règles, un arrêt à Port-Moresby pour faire les formalités d’entrée s’impose au préalable. Par ailleurs, remonter vent, courant et houle dans le Pacifique pour en revenir vers les Louisiades n’est pas une mince affaire. Remarquez que certains font l’arrêt avant quand même au risque de se faire prendre mais, nous n’avions plus assez de temps. La saison pour passer le détroit de Torres avançait et, nous prenions du retard. De plus, il y a de gros problèmes de sécurité à Port-Moresby où la marina est surveillée par une douzaine de gardes armés. Il n’est pas recommandé de s’aventurer trop loin dans la ville sans être en taxi. 

Timor Leste: Notre gagnant. En sa faveur, les formalités d’entrée et de sortie sont très faciles et peu coûteuses. Le consulat Indonésien est à 20 minutes de marche.  Nous pouvions circuler librement dans la ville et les gens étaient serviable. Le tissage à la main d'étoffe du nom de Tais est jolie. Il y un un petit resto-bar sympathique en face de la police maritime qui se nomme Moby. De plus, qui dit ex-colonie Portugaise, dit supermarché avec des produits européens. Nous ne refuserons certainement pas un petit morceau de chocolat noir accompagné d'un Porto… entre autres denrées de luxe. C’était bienvenue après la visite des Vanuatus et la vingtaine de jours en mer. 




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Dili is not very pretty city. In fact, the capital is rather sad. It does have a very good excuse. When the members of the Portuguese colony that was established there declared their independence from Portugal in 1975, the Indonesian army showed up to reclaim the island. The United Nations got involved and the land was returned to the ex-colony but only after an occupation that lasted more than two decades and caused some two hundred thousand deaths. Those are scars that take a long time to heal.

There are no infrastructure for boats yet. The only place to disembark with the dinghy is on the beach of the maritime police. To fill the water thanks, we had to go buy 20 liter bottles because the water from the city taps is undrinkable. Diesel was bought by asking a taxi to accompany us to the stations with our jerrycans. Fortunately the taxis are cheap. An easily accessible service is the propane gas which is across the street from the police but, they fill poorly so do not expect the bottles to last for very long. It’s also not a great anchorage. On the one hand, it is deep and requires a lot of chain and, on the other hand, it is not very well protected from NE winds which often rise around noon to fall in the early evening. So, if there is shopping be done, the ideal is in the morning. We did not feel comfortable leaving the boat to visit the rest of the island for fear that Bidule might take off by itself.



So, why did we choose this destination? In this case, by deduction. It is never possible to go everywhere and do everything and everyone decides were they will stop according to their own criterias. We are most often influenced by the weather, the budget, the schedual, the activities, the administrative constraints ... Here is a small example of how we  choose the destinations of 2017.

We knew we wanted to go from New Zealand to Malaysia via Vanuatu because this easy-to-access place intrigued us on the one hand, and on the other, Indonesia because the amount of fisherman in their waters worried up so we only wanted to sail by day. At least, that was the reason at the beginning. We found others once there that you will find in the next article. Another constraint was that if we wanted to spend more than 60 days in Indonesia, we first had to stop at a consulate in a country somewhere between Vanuatu and Indonesia to get a long-term visa. This is where there was several options; northern Australia, the Philippines through the Salomon Islands, Papua New Guinea or Timor Leste.

Northern Australia: Australians like to make life difficult for us with visa applications in advance and asking for a minimum of $ 350 so that a biosecurtiy officer can inspect the boat and leave with all our food. This amount is excessive if compared to those requested by all other countries around. Even more so for us who only wanted to stay for less than a month. If we add the difficulty of accessing Darwin by sail and the man-eating crocodiles who could have made a pancake of our small dinghy in one bite, we moved on to the next option.

The Philippines going through the Salomons: We would have gladly visited the Salomons but, not the Philippines. Apparently they are beautiful islands but, a group of ISIS extremists recently kidnapped a Canadian tourist in a marina in exchange for ransom. When the Canadian government refused to pay, they cut off his head. Shortly thereafter, they boarded a German sailboat all the while killing immidiatly the woman and keeping the man hostage. He suffered the same fate as the Canadian. People who are sailing in the area will say that you should only avoid the south where the bad guys are and rather sail north where it is perfectly safe. As a matter of principle, we do not encourage countries where there is this violence. Furthermore, there are so many beautiful places to visit, why take the risk. Another important point is that the islands are in a convergence zone. This translates into a high probability of not having wind and motoring a lot of miles. We know that this is already the case for Indonesia but there, we don’t have a choice. So the idea of ​​adding even more extra miles to the engine does not enchant us.

Papua New Guinea: Stopping in the Louisiades to say hello to the Papuans would of been interesting. But, according to the rules, a stop in Port-Moresby to do the formalities is required before. This means going againts wind, current and swell in the Pacific to go back to the Louisiades. Not an easy task! Note that some might stop without doing the papers at the risk of getting caught but we did not have enough time. The season to cross the Torres Straight was advancing and we were falling behind. Stopping in Port-Moresby just for the visa is not great since there are major violence and theft problems there. In fact, the marina is guarded by a dozen armed guards. It is not recommended to venture too far into the city without being in a taxi.


Timor Leste: Our winner. In it’s favor, entry and exit formalities are very easy and inexpensive. Plenty of wind to get there. The Indonesian Consulate is a 20-minute walk from the police. We could move freely around the city and the people were very nice. The hand made clothe called Tais is worth a look. There is nice resto-bar called Moby in front of the Maritime Police. Moreover, who says ex-Portuguese colony, says supermarket with European products. We will certainly not say no to a small piece of dark chocolate with a glass of Port ... among others luxury items. It was welcome after the visit of the Vanuatus and the twenty some days at sea.

Thursday, March 8, 2018

Vanuatu 25-05-2017 à/to 19-07-2017

For English, see below the line in red.

Chemin parcouru
Terminer notre visite des îles du Pacifique par les Vanuatus donne l’impression de fermer un cercle car ces îles ressemblent beaucoup à celles du début; les Marquises. Des îles volcaniques verdoyantes où il poussent de beaux fruits tel que d'énormes pamplemousses. De plus, les gens y sont tout aussi accueillant quoique beaucoup plus pauvre. Il est dans leur culture d’accueillir quelqu’un en lui offrant à manger et quand ils nous donnent quelque chose, cela ne veut pas nécessairement dire qu’ils s’attendent à recevoir en retour. Par ailleurs, ils ont de la nourriture en abondance mais peu des autres nécessités ainsi ils ne disent pas
non à un t-shirt, une casquette, des petits hameçons ou autre. En outre ils se remettent des effets destructif d’un gros cyclone qui avait ravagé certaines de leurs cultures. Gaston a aussi été recruté par un curé pour réparer une installation de panneaux solaires. Ce pays à fait partie de la France et de l’Angleterre mais à déclaré son indépendance depuis des années déjà. Maintenant, ils reçoivent de l’aide de l’Australie. Un autre point en commun avec les Marquises sont les mouillages rouleurs. Ceux de Port-Vila et de Port Sandwich sont bien protégés mais plusieurs autres doivent être choisis en fonction des vents. De plus, nous nous sommes fait un peu peur près de Espirito Santo à l’approche de Lunganville car la vague y était monstrueuse. Nos coups de coeur furent port Sandwich pour son ambiance avec les copains navigateurs et l’île Gaua pour son authenticité. 

On nous avait parlé que les infections de la peau étaient particulièrement présentes dans ce coin du monde alors, quand j’ai un peu éraflé ma cheville sur une roche en débarquant de l’annexe, j’ai bien surveillé la plaie et je l’ai nettoyée au peroxyde tel qu’indiqué.  Pendant les deux premiers jours, elle semblait guérir normalement mais, au troisième jour, elle a grossi, est devenu blanche et c’est mise à suinter. En chemin pour la clinique sur l’île Sola, nous avons rencontré un médecin qui a pris la peine de nous expliquer qu’il venait de quitter le dispensaire pour aller manger avant que sa remplaçante arrive mais, de pas nous en faire car elle ne devrait pas tarder. Effectivement, après 5 minutes d’attente, elle arrive et comme nous étions les seuls, me reçoit immédiatement. C’est à peine si elle a regardé la plaie que déjà elle écrivait la prescription tout en s’excusant de ne pas avoir autre chose en pharmacie que de la pénicilline pure. Ça vas, je n’ai pas d’allergie. Elle me demande l’équivalent d’environ 1$ pour la consultation. À la pharmacie, le monsieur me demande aussi la même somme pour les médicaments. En marchant vers Gaston, je me dis que je m’en sors à bon prix quand le pharmacien quittant le bureau de la médecin, m’intercepte pour me remettre ce que je lui avais donné en me disant que j’avais déjà payé (le 1$ comprenait la consultation et les antibiotiques). Serviable et honnête! J’étais gêné de reprendre l’argent.
Nous avons retardé un peu notre départ car pendant que je soignais mon infection, Gaston à attrapé un gros rhume d'homme. Nous ne trouvions pas très sage de partir pour 22 jours en mer avant d’être rétabli tous les deux. 

C’est la première fois que nous ne pouvions pas aller au marché et à l’épicerie pour s’approvisionner pour une longue traversée. D’ailleurs, nous sommes parti moins chargés qu’à l’habitude. Il y a de quoi acheter à Port-Villa mais les tablettes sont déjà moins garnies à Lunganville et, une fois à Sola, les épiceries n’ont plus de frigo. Les différents villages de l’île se partagent le marché à un jour de semaine par endroit mais, seulement un d’entre eux vend des légumes. Vous pouvez vous imaginez que les quelques légumes ont à peine le temps de reposer sur les étals avant de s’envoler.  J’ai donc essayé d’être plus créative en
demandant aux habitants au nord de Gaua de bien vouloir nous aider contre de l’argent. Ils avaient de très bonnes intentions mais j’ai réalisé qu’ils n’ont aucun concept de conservation. N’ayant pas de frigo, ils ne tuent jamais de bêtes à l’avance. De plus, ils ne cueillent que ce qui est mûr et qui se mange immédiatement car ils retournent au jardin à tous les deux jours. Essayer de leur expliquer que le bateau copain et nous avons chacun un frigo alors nous pourrions chacun conserver une poule pour la traversée n’a eu aucun effet. Ils nous ont fourni qu’une seule poule toute maigrichonne pour les deux bateaux. Elle était encore en vie au grand malheur de Gaston qui a été élu pour la tuer et la plumer.  De même pour les légumes qui étaient trop mûrs et en quantités insuffisantes pour une vingtaine de jour. Ceci dit, nous avions fait des stocks de conserves en Nouvelle-Zélande et nous avons pêché quelques poissons en chemin alors nous avons eu de quoi manger jusqu’au Timor Oriental. De toute façon, nous mangeons toujours moins en navigation. 

Les articles sont un peu désordonnés car j’ai publié le compte rendu de la traversé vers le Timor avant l’article sur le Vanuatu. Alors cherchez avant pour le trouver. 
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Completing our visit of the Pacific Islands by a stop in Vanuatu gave us the impression of going full circle because these islands are very similar to those of the beginning; the Marquesas. Green volcanic islands where beautiful fruits grow such as the giant grapefruits. In addition, people are just as welcoming, though much poorer. It is in their culture to welcome someone with something to eat. So when they offer us something, that does not necessarily mean they expect to receive in return. On the other hand, they have plenty of food but not much of the other necessities. To top it off, they are still getting back on their feet after
being hit by a big cyclone a couple of years back. So, they do not say no to a t-shirt, cap, little hooks, or whatever else we can give. Gaston was also recruited by a priest to repair a solar panel installation. This country was part of France and England but has declared its independence years ago. Now, they are getting help from Australia. Another point in common with the Marquesas is the rolly anchorages. Those in Port Vila and Port Sandwich are well protected but many more must be chosen according to the winds of the moment. We also got a little scared going to Espirito Santo just before the pass to Lunganville because the waves were monstrous. Our favorites stops were Port Sandwich for its atmosphere with fellow cruisers and the island Gaua for its authenticity.

We had been told that skin infections were particularly prevalent in this part of the world, so when I scraped my ankle a little on a rock getting of the dinghy, I looked after the wound carefully and I cleaned with peroxide as indicated. For the first two days, it seemed to be healing normally, but on the third day, it got bigger, became white, and was oozing. On the way to the clinic on Sola Island, we met a doctor who took the courtesy of explaining to us that he had just left to go eat before his replacement arrived but, we should not worry since she should be back shortly. Indeed, after 5 minutes of waiting, she arrived and, since we were the only ones, looked after me immediately. She scarcely peaked at the wound and was already writing the prescription all the while apologizing for not having anything else in the pharmacy but pure penicillin. It's ok, I do not have any allergies. She asks me for the equivalent of about $ 1 for the consultation. At the pharmacy, the gentleman also asks me the same amount for the drugs. As I was walking back towards Gaston, telling myself that I got off with a good price, the pharmacist coming out of the doctor's office, intercepts me to give me back what I gave him while telling me that I had already paid. Helpful and honest! I was embarrassed to take back the money. We delayed our departure from the country a little because while I was treating my infection, Gaston caught a cold. We did not find it very wise to leave for 22 days at sea before having had time to heal.

This is the first time we can’t go to the market and the grocery store to stock up for a long crossing. So we ended up leaving with less food than usual. There is enough to buy in the capital of Port-Villa. In Lunganville, the shelves are already less garnished. By the time we got to Sola, the grocery stores no longer had refrigerators. The different villages of the last island share the market. Each village gets a day to sell stuff per weekbut but only one of them sells vegetables. You can imagine that the few vegetables barely have time to be set on the tables before they are taken away. So, I tried to be more creative by asking people
in the north of Gaua to help us in exchange for money. They had very good intentions but I realized that they have no concept of conservation. Not having a fridge to keep meat means they never kill animals in advance. They also don’t eat meat regularly. In the gardens, they pick only what is ripe and eat it immediately because they return there every other day. Trying to explain to them that our friends and us each had a fridge to each keep a chicken for the crossing had no affect. They provided us with just one skinny chicken for both boats. It was still alive to Gaston’s great  displeasure since he was elected to kill and pluck it. Similarly, the vegetables were too ripe and in insufficient quantities for twenty days. That said, we had stocked up on cans and other dry foods in New Zealand on one hand and on the other, we caught some fish along the way so we didn’t starve. We always eat less when at sea anyway.


My articles are not quite in order because I published the one on crossing to Timor before the one on Vanuatu. If you are looking for the story of the crossing, look backwards rather than forward.

For a few more pictures click here.

Thursday, November 2, 2017

Procédures d’entée et de sortie des pays.

Suite à mon article sur l'Administration d'un départ, je vous imagine en train de farfouiller sur le site web de voyage du gouvernement Canadien ou sur celui de France Diplomatie pour vérifier si vous avez besoin d'un visa pour le ou les pays dont vous rêvez de visiter. Quoique l'information sur ces sites est très pertinente, elle reste incomplète car elle s'adresse aux gens qui voyages en avion. Nous, les privilégiés, avons choisi de voyager et vivre sur notre bateau. Ceci implique plusieurs procédures supplémentaires. Le livre de Jimmy Cornell; Escales de grande croisière contient des informations utiles mais les procédures particulières changent plus rapidement que les éditions. Il a aussi mis sur pied un site web (en anglais) que les navigateurs mettent à jour selon leurs expériences. Je n'ai pas trouvé d'autre site gratuit et accessible à tous contenant un tel recueil de renseignements. L'idéal reste de chercher sur le net le site web du pays visité car de plus en plus, les pays créent des pages qui s'adressent directement aux plaisanciers.

Donc, qu'aurai-je de plus à écrire? Nous avons visité une trentaine de pays jusqu’à maintenant donc, je commence à avoir accumulé une certaine expérience qui me fait remarquer que tous les pays suivent à peu près la même logique. En connaissant ce fonctionnement et en ayant la paperasse habituellement demandée, il est possible de faire une entrée dans la majorité des pays sans problème. 

À qui aurez-vous affaires dans l'orde habituel:

Notez ici que dans certains pays, un seul douanier peut s’occuper de plusieurs des 4 premières tâches tandis que dans d’autres il faut visiter des bureaux différents pour chacune.
  • La Santé ou la Quarantaine: C'est pour eux qu'il faut hisser un drapeau jaune (Q Flag) dans les barres de flèches tribord à chaque arrivée dans un nouveau pays. Ils ont pour mandant de vérifier que personne n'est malade ou mort à bord du bateau et qu'aucune maladie infectieuse ne pourrait être transmise aux gens à terre. Ils pourraient possiblement vous demander votre carnet de vaccins mais, cela ne nous ai jamais arrivé. Si vous avez des animaux à bord, c'est aussi eux qui vont vérifier leurs papiers et décider de leur sort (nous en avons pas donc nous ne pouvons donner plus d’info sur le sujet autre que c’est compliqué). Une fois leur visite terminée, vous pouvez baisser le drapeau jaune. Dans certains pays tel qu'au Fidji, les représentants des autres bureaux vont attendre ce signe avant de se déplacer pour vous rencontrer. 
  • La Biosécurité: Eux s'assurent que vous n'importez pas de bestioles indésirables. Si vous avez des coquillages accrochés à votre coque ou des coquerelles (cafards) qui courent dans vos équipets, ils pourraient vous forcer (à vos frais bien sûre) à sortir le bateau de l'eau pour un carénage ou à le faire fumiger. Dans certains pays tel que les Galapagos, ce genre de découverte peut coûter très cher. Ils vont aussi vous enlever toute nourriture qui représente un risque à leur agriculture d'une part et, d'autre part, tout item tel que du bois, des coquillages, de la terre, etc qui représentent un risque de contamination de l'environnement. En bonus, ils prennent vos ordures. 
  • L'Immigration: la majorité des pays vont vous donner un visa tourisme de 30, 60 ou 90 jours à l'arrivée. Quelques fois, c'est le douanier qui vas s'occuper de mettre l'estampe dans le passeport. Dans ce cas, c'est seulement si vous avez besoin d'une prolongation de visa que vous allez devoir discuter avec un agent de l'immigration. Les démarches pour obtenir cette prolongation vont varier d'un pays à l'autre. Par ailleurs, si vous faites une demande pour un visa de tourisme et que vous prouvez que vous avez suffisamment de fonds pour vivre dans leur pays sans travailler, elles devrait être assez facile à obtenir.
  • Certains pays vont demander d'obtenir un visa dans une ambassade à l'avance et, si c'est le cas, ce n'est vraiment pas une bonne idée de se présenter sans visa. Même en prétextant un bris sur le bateau. Nous avons rencontré un couple qui n'avait pas fait les démarches pour l'entrée au Brésil. Ils ont été renvoyés au Canada à leur frais et devaient revenir avec un visa dans les deux semaines en plus de payer une amende pour récupérer leur bateau. Jusqu'à maintenant, le Brésil est le seul pays qui demandait un visa à l'avance. Par ailleurs, pour avoir plus de 90 jours en Polynésie française ou 60 jours en Indonésie, il faut aussi faire des démarches auprès d'une ambassade avant d'arriver. 

  • La Douane: Ils s'intéressent à la valeur de votre bateau et tout ce qui se trouve à l'intérieur. Donc, ils vont, par exemple, vérifier si vous avez acheté trop de Abuelo (rhum) à Panama pour échanger contre des sculptures aux Marquises. Chaque pays à ses limites pour l'alcool et le tabac. La plupart des douaniers ne vérifient pas trop si nous dépassons ces limites car ils savent que c'est pour notre consommation personnelle. Certains vont même dire que c'est correct du moins que tout reste à bord. N'empêche qu'un douanier zélé peut tout confisquer ce qui n'a pas été déclaré si le coeur lui en dit. Si vous avez déclaré plus que les limites ils pourraient soit mettre les biens sous scellé ce qui vous empêchera de boire vos bonnes bouteilles pendant votre séjour dans le pays soit, vous faire payer une taxe d'importation. De plus, tout matériel laissé dans le pays est sujet à des taxes d'importation alors à faire attention si vous pensez vendre quelque chose qui se trouvait sur votre bateau à l'arrivée. Sur le net VHF du matin à Trinidad, pendant les petites annonces, les navigateurs parlent de prix en "coconut" au cas où les douaniers seraient à l'écoute. Finalement, les armes à feux déclarées ont de bonnes chances d'être mis sous scellé jusqu'à la sortie. Ceci devient compliqué si la sortie n'est pas prévu au même port que l'entrée. 

  • Une fois les déclarations terminées, vous allez devoir faire une importation temporaire de votre bateau. Le nombre de temps alloué pour laisser un bateau dans un pays sans payer de taxes d’importation varie énormément d'un pays à l'autre. Par exemple, c'est 18 mois pour toute l'Union Européenne et 10 ans pour le Mexique. Il est important de bien faire la différence entre le temps alloué pour le visa et celui de l'importation temporaire car ce ne sont généralement pas les mêmes. Par exemple, quelqu'un m'a dit en Polynésie Française que les lois avaient changé et que nous pouvions maintenant rester 3 ans dans le pays. Euh, non. C'est la loi sur l'importation temporaire qui venait de changer donc notre Bidule avait le droit d’y demeurer 3 ans mais pour nous, les lois à l'immigration restaient les mêmes: 90 jours par 180 jours à moins d'avoir fait une demande de visa longue durée dans une ambassade avant l'arrivée. Une autre procédure, si jamais vous décidez de laisser le bateau et de sortir du pays par d'autres moyens, est de le faire mettre sous douanes. Au retour, vous demandez de retourner à une importation temporaire.  Pour ceux qui pensent vendre le bateau en chemin, si vous le vendez à un citoyen du pays où vous vous trouvez, il y aura des taxes d'importation à payer. Si vous le vendez à quelqu'un en transit, il va généralement devoir payer les taxes dans le pays où le bateau sera enregistré. Ça paraît peut-être bien compliqué mais, il suffit de partager vos plans avec l'agent de douane rencontré à l'entrée et il va vous donner les bons papiers à remplir et vous informer des délais. 
  • La Capitainerie ou Police maritime: il arrive souvent que les ports d'entrée sont aussi des ports commerciaux donc géré par des maîtres de port. Ils aiment bien recevoir un appel sur le 16 pour les avertir de votre arrivée. Ce qui les intéressent est de gérer le trafique qui se trouve sur leur territoire et récolter des frais de ports dans la plus part des cas. Ils aiment aussi vérifier que tous les papiers ont bien été remplis dans les bureaux précédents, au cas ou l'envie nous prendrait de sauter une étape ou deux.


De quoi vais-je avoir besoin?

Presque toujours:
Un passeport qui n'expire pas dans les prochains 6 mois pour chaque membre de l'équipage.
L'enregistrement du bateau
Une liste de l'équipage (crew list)
Le formulaire de sortie du pays précédent 
Pour plusieurs pays, les formulaires d'entré sont disponibles en ligne pour remplir à l'avance. Plusieurs pays du Pacifique demandent maintenant à ce que ces documents soient envoyés au moins 48h avant l’arrivée par courriel. 
Un stylo qui contient beaucoup d'encre.

Plus rarement:
Quelques administrations demandent un tampon propre au bateau ; mais cela est optionnel.
Licence radio VHF
Carnet de vaccins
Photos de passeport (surtout pour les prolongations de visa)
Photocopies des passeports, enregistrement bateau et crew list.
Un visa de tourisme avant l’arrivée 


Es-ce qu'il vas y avoir des frais?

C'est clair! Le processus est habituellement organisé pour vous donner la chance d’aller à la banque retirer de la monnaie locale car ils ne prennent que rarement les cartes de crédit. Donc, il n’est pas nécessaire d’échanger de l’argent avant d’arriver. Les plus demandant sont la santé et la biosécurité. Les frais de douanes varient beaucoup. L'immigration va souvent donner le premier visa gratuitement mais prendre des sous pour les prolongations. La Capitainerie peut exiger des frais de port souvent minimes. Il est difficile de savoir à l'avance combien il va falloir payer. Parmi les moins cher sont les départements ou territoires français (sauf la Polynésie). Si ma mémoire est bonne, nous avons payé 10$US de frais administratifs en Martinique par exemple. À l'autre extrême, les Galapagos avec un visa de 21 jours pour 1000$/US ou l'Australie avec un minimum de 270$ US juste pour la biosécurité. La consultation de sites web adressés aux plaisanciers est pratique pour ce genre d'information qui est porté à changer souvent. 

Comment ça vas se passer? 

Lentement! Si vous pensez que les bureaux ci-haut mentionnés vont être efficace et à la fine pointe de la technologie, vous n'avez pas été plus loin que les États-Unis. Dans biens des cas, il faut plutôt s'imaginer des bureaux rudimentaires avec des piles de papiers un peu partout. Certains vont sortir le papier carbone pour avoir plusieurs copies des formulaires à remplir. Vous ne vous imaginiez pas que ça existe encore, n'est-ce pas? Par ailleurs, les uniformes sont impeccable et ils s'attendent à ce que nous soyons aussi présentable. Il faut s'attendre à devoirs remplir plusieurs fois la même paperasse et que le processus soit long. Ça sera fini quand ça sera fini car perdre patience n’est pas de mise.

Ceci dit, nous n’aimons pas trop quand ils viennent fouiller à bord. Un petit truc pour garder la recherche courte; s'ancrer dans un mouillage un peu rouleur et fermer les écoutilles pour qu'il fasse bien chaud à l'intérieur. Ils débarquent avec des grosses bottines noires mais, des petits cœurs sensibles. Des teintes de vert vont apparaître sur leur visage assez rapidement les poussant à retourner dans le cockpit. 

 Il faut savoir que leur approche est souvent différente de celle dans nos pays occidentaux car ils ne vont pas directement au but. Quelques formules de politesses tel que demander si ça vas bien ou si ils ont des enfants s'imposent avant de remplir des formulaires. Un bonjour dans leur langue est aussi apprécié. Nous avons appris beaucoup de choses bien intéressantes en discutant avec eux.

Pot de vins ou politesse?

Non seulement quelques formules de politesses sont de mises au moment de rencontrer des agents mais s’ils s'installent dans le cockpit, ce n'est pas une mauvaise idée d'offrir quelque chose de non-alcoolisé à boire. Un simple verre d'eau fraîche peut être assez car l'idée est d'offrir comme de bons hôtes. D’ailleurs, vous remarquerez que dans les îles, quand vous débarquerez dans un village, la première chose que les gens qui vous accueil vont faire est de vous offrir quelque chose à manger ou à boire et ce, sans nécessairement s’attendre à quelque chose en retour. Rare ont été les demandes de pot de vins. C’est illégal dans la plus part des pays alors les demandes sont subtiles. Nous controns en faisant comme si nous ne comprenons pas. Au final, nous n’avons jamais payé de pot de vins.

Avons-nous le droit de débarquer avant d’avoir fait les papiers? 

Légalement, non. Dans la réalité, les agents viennent rarement à nous alors il faut aller vers les agents. Par ailleurs, aller les voir est quand même la première chose que vous devriez faire sous peine d’amendes pour ceux qui se font prendre. Des pays où il faut attendre à bord la visite des officiers; Galapagos, Nuie, Tongas, Fidji, Nouvelle-Zélande,  Australie et Etats-Unis (mais ce dernier dépend d’où). Nous n’avons pas visité toutes les îles des Antilles mais il fallait débarquer pour la plus part sauf à Cuba. Dans bien des endroits, les bureaux sont fermés les soirs et les fins de semaine alors il faut attendre l’ouverture à bord. D’autres font payer du temps supplémentaire en dehors des heures normales. Si vous attendez les heures normales pour débarquer mais que vous êtes honnête sur votre heure d’arriver, vous prenez la chance de payer des heures supplémentaires. Très peu ont un quai spécifique où il faut accoster le bateau pour faire les formalités. 

Et pour la sortie?

C’est rare d’avoir à retourner rencontrer les gens de la santé ou de la biosécurité. Par ailleurs, l’Immigration et la douane vont vouloir vous voir. Vous allez très probablement remplir les mêmes papier qu’à l’entrée mais en cochant sortie au lieu d’entrée dans le haut de la page. Apportez tous vos papiers et tous ceux qui vous ont été donnés à l’entrée. Le capitaine du port vas vouloir vous voir quand vous quitterez son port et non à la sortie du pays à mois que les deux se produisent en même temps. Si vous planifiez visiter plusieurs ports dans un même pays, on vas souvent demander que vous vous présentiez aux bureaux du Capitaine à chaque arrivé et à chaque départ. Les pays espagnols et portugais aiment particulièrement cette méthode de fonctionnement. 

Je dois acheter tous les pavillons de courtoisie à l’avance?

Pas nécessairement. Il n’y a pas de police qui vas vous coller une amende parce que vous n’avez pas hissé votre pavillon. Encore moins si vous attendez un jour ou deux le temps d’en trouver un dans un magasin. Tel que le nom l’indique, c’est une courtoisie mais, une qui est encore appréciée par les locaux. Je fabrique la plupart des miens avec une machine à coudre, des retailles de tissus et de la peinture acrylique. Mais si les motifs se compliquent, je l’achète sur place. C’est rare de ne pas trouver le pavillon du pays dans lequel on se trouve. Au pire, le cousin du beau frère du douanier en fabrique à la main (Si vous voyez ce que je veux dire.) Et, aller le rencontrer sera une aventure. 

La position des pavillons sur le bateau veut dire quelque chose alors pour ne pas offusquer plutôt que de flatter, hisser le bon pavillon au bon endroit n’est pas une mauvaise idée. Le pays d’enregistrement du bateau sur l’arrière et le pays visité dans la barre de flèche tribord. Si vous voulez soulignez une région d’un pays visité, tel qu’une province, un état, un territoire ou un département, celui-ci devra se trouver sous le pavillon du pays du côté tribord. Par exemple, le drapeau de la Martinique sous celui de la France ou celui de l’état de New York sous celui des États-Unis. Du côté de la barre de flèche bâbord se trouve tout le reste; pays d’origine de l’équipage (si autre que l’enregistrement du bateau), région de provenance de l’équipage (votre drapeau du Québec), club de voile, rally, ...


Et voilà notre expérience acquise jusqu’à maintenant. Il nous reste un autre moitié de la planète à parcourir alors l’apprentissage continue. J’espère vous avoir donné une bonne idée des marches à suivre même si elle est générale.